Ma vie depuis Septembre se résume à sortir en boîte dès le mercredi soir, boire des pintes à 1€, apprendre des insultes en turc et aller en cours que trois demi-journées par semaine. Mais ce n'est pas cet aspect d'Erasmus que j'aime le plus... Non, ce qui m'intéresse le plus dans cette année de folie, c'est sans hésitation les voyages que j'ai la chance et la possibilité d'effectuer !
Depuis le début de l'année scolaire, j'ai en effet découvert une dizaine de pays, Hongrie inclue. Je vous avais promis de raconter mes périples sur ce blog et de consacrer un pays par article. Nous voilà à deux moi du départ, et ma promesse est loin d'avoir été tenue. Milles excuses.
Petit à petit, je vais rattraper mon retard, et tant pis si l'ordre ne sera pas chronologique.
Aujourd'hui c'est la Croatie qui sera à l'honneur, j'espère sincèrement pouvoir vous apprendre des éléments sur ce pays riche en surprise ! J'y suis allée à deux reprises cette année :
- une première fois en Octobre, à Osijek, Split et dans le parc national de Plitivice
- une seconde fois, en Mars, à Zagreb et de nouveau au parc national de Plitvice.
La Croatie en bref
- En croate Hrvatska ou Republika Hrvatska - Il s'agit d'une république parlementaire, démocratique et multi-partite. - Elle a fait partie de l'Ex-Yougoslavie, elle a vécu l'horreur de la guerre il y a 25 ans de ça.
- Située en Europe du Sud, entre les Alpes dinariques et la mer Adriatique. - Son indépendance a été déclarée en 1990, puis reconnue à l'internationale en 1992 - Capitale: Zagreb - Langue officielle: le Croate (également parlé en Bosnie-Herzégovine, en Serbie et au Monténégro) - Monnaie: le Kuna (1€=7,50 kuna) - Membre de l'Union Européenne depuis 2013, de l'OMC depuis 2000 et de l'OTAN depuis 2009.
- Superficie: 56 594 km² - Population: 4,3 millions d'habitants
La capitale : Zagreb
Avec ces 800 000 habitants, Zagreb est une petite capitale souvent décrite comme sans grand intérêt pour les touristes, mais dont j'ai pourtant apprécié la visite ! Son petit centre historique est bourrédecharme, et on y retrouve une certaine modernité. Ceci étant dit, il est clair qu'en l'espace de quelques rues, la pauvreté, la noirceur des bâtiments et le manque d'entretien reprennent le dessus.
Split, la cité romaine.
Seconde ville de Croatie, Split est une ville côtière du Sud connue pour son port et son centre construit à l'intérieur d'un palais romain (le palais de Dioclétien). La ville elle-même est inscrite sur la liste du patrimoinemondial de l'UNESCO.
Osijek
Quatrième ville de Croatie située à une trentaine de kilomètres de la frontière hongroise, Osijek est une ville que je ne recommanderaispasforcément. Elle est encore très marquéeparlaguerre, puisqu'en périphérie du centre on peut toujours apercevoir des maisons en ruine, partiellement détruites, et surtout avec encore des impactsdeballes et de bombardements.
Points positifs de cette ville : son centre ville espacé, sa cathédrale et les bords de la Drava.
Afin de ne pas surcharger cet article, il est temps de mettre fin à ce récit. En revanche, je vous invite à revenir d'ici une semaine afin de pouvoir découvrir la suite de mes aventures en Croatie. Plus particulièrement, vous pourrez constater avec moi la beauté du parc national de Plitvice que j'ai eu la chance de voir en automne et en hiver.
Sziastok ! Oubliez la traditionnelle playlist mensuelle, cette après-midi je vous parle de trois nouveautés musicales qui me donnent la chair de poule et me font oublier où je suis.
Premièrement, parlons de 'Land Of All', le tout nouveau titre que vient de dévoiler le français Woodkid. Yoann Lemoine de son vrai nom, c'est cet auteur-compositeur-interprète, réalisateur, musicien et graphiste de 33 ans que l'on connait tous grâce à Iron ou encore Run Boy Run. Après son album 'The Golden Age', Woodkid s'est consacré à l'art visuel en réalisant de nombreux clips pour divers artistes. Fin 2015, il retourne en studio et participe à la bande originale du film 'Divergente 2 : L'Insurrection' avec la chanson Never Let You Down en collaboration avec Lykke Li.
Aujourd'hui, c'est à la B.O du film 'Desierto' (trailer) de Jonás Cuarón qu'il s'attaque. Vous pouvez d'ailleurs retrouver la soundtrack entière ici.
Accompagné d'un clip sobre mais efficace, le titre Land Of All est à la fois violent, puissant, sombre et mélodieux. Il s'agit là, je trouve, d'un registre quelque peu différent de ce qu'il avait l'habitude de produire. Plus grave, plus émouvant, plus déprimant, même. On y retrouve toutefois bien sa propre marque : rythme saccadé, voix sombre et mise en avant de l'instrumental. De même, on notera toujours des instruments à cordes accompagnés au piano et sa voix transporteuse et mélancolique. Woodkid est très fort dans ce qu'il fait. Il arrive à nous faire ressentir une intense émotion qui sort du plus profond de nous, c'en est presque dérangeant. Ce titre arrête le temps, et chaque son me traverse amplement. C'est simple, lorsque j'écoute cette chanson, j'ai les poils qui se dressent, le rythme cardiaque qui se cale sur le tempo et l'esprit qui arrête de fonctionner. Land Of All parle du fait de repenser à son chez soi, d'avoir le "mal du pays" lorsque l'on essaie de se construire une vie ailleurs. Chose à laquelle je m'identifie totalement, vous l'aurez deviné.
'Les Conquêtes', de Radio Elvis.
Deuxièmement, j'avais très envie de vous parler du tout premier album de Radio Elvis(merci Romy pour la découverte). Radio Elvis, c'est un groupe de rock alternatif français né il y a trois ans et finaliste du Concours Sosh-Les Inrocks Lab en 2014. A vrai dire, j'ai un peu de mal à les catégoriser : un son synthétique, entre le rock, le folk, le slam... le tout accompagné de poésie. Produit par Antoine Gaillet - le même producteur que Julien Doré et M83 que j'adore de tout mon coeur -, l'album 'Les Conquêtes' est en effet une pépite tant musicale que poétique ! C'est frais, c'est mélodieux, c'est entraînant. Mais surtout, c'est terriblement bien écrit ! Pour être honnête, c'est ce genre de groupe qui me redonne fois en la musique française. L'album semble être une métaphore filée autour du thème du voyage et de l'imaginaire. Ne passez pas à côté de cet album, vous le regretteriez, croyez moi. Alors n'hésitez pas une seule seconde à aller écouter leur album sur Spotify et le télécharger sur iTunes.
Après un hiatus de plusieurs mois, les frères Madden et leurs acolytes reviennent sur le devant de la scène avec deux singles, extraits de leur sixième album 'Youth Authority' qui sortira en Juillet prochain. Pour nous faire patienter, Good Charlotte avait en effet déjà sorti en Novembre dernier le titre 'Makeshift Love' accompagné d'un très beau clip. En début de semaine, c'est'40 oz. Dream' qui a été dévoilé, dont la lyric vidéo est sorti hier sur YouTube.
Good Charlotte me fait danser depuis tant d'années avec I Just Wanna Live et planer avec 'We Believe', alors autant vous dire que j'attends juillet avec une impatience démesurée !
- Et vous, quelles sont vos trouvailles musicales du printemps ? -
Il y a tant de choses que je ne comprends pas sur cette Terre. Il y a tant d’incompréhensions qui me hantent. Il a y tant de questions qui surgissent et s'entassent au fond de mon esprit au fur et à mesure de mon existence. Plus je grandis et moins je comprends le monde. C'en est presque drôle, mais au fond, c’est alarmant. Tout se bouscule, tout me chagrine et rien n’a de sens. Pourquoi, quand, comment, par qui, à cause de quoi. Par quoi commencer, par où débuter.
Pourquoi pas par la violence, tiens, elle qui berce nos journées avec une si forte intensité. Presque omniprésente sur Terre, elle habite nos villes et remplit nos journaux. Oh tiens, un homo tabassé au Maroc. Oh tiens, un voyageur tué à Bruxelles. Oh tiens, un combattant torturé à Guantanamo. Oh tiens, un homme décapité en Syrie. Oh tiens, un lycéen frappé par un policier à Rennes. A force, il n’y a même plus de « oh ». On n’y prend plus la peine, on se contente juste d’un « tiens, une nouvelle femme maltraitée par son mari. » Un quotidien malsain qui ne nous fait plus rien.
Alors de toutes ces situations me viennent des centaines de questions. Ces questions, si difficiles soient-elles à formuler, n’ont parfois aucune connexion les unes aux autres. Un vrai bordel, je vous dis. C’est vrai ça, comment peut-on frapper un être humain parce-que sa peau est foncée ? Pourquoi sous-traiter cet être humain lorsqu’il s’agit d’une femme ? Pour quelle raison être choqué d’un homme parce-qu’il en aime un autre ? Un magazine marocain a justifié une de ces Unes homophobe en expliquant que la société ne voulait pas les voir, qu'un tel type d’affection est choquant pour cette dernière. Ah, bravo, belle preuve de bravoure. « C’est pas moi, c’est la société qui veut ça. »
Mais en fait, qui décide de ce qui est choquant pour la société ? Qui décide de ce qui est bien ou mal ? Nos géniteurs, nos politiciens actuels ? Est-ce la société elle-même ? Je n’y crois pas. Car notre société, elle ne demande qu’à changer. Elle ne s’aime pas comme elle est. Elle est brisée depuis toujours. Et puis de toute façon, c’est quoi « la société » ? C’est un mot inventé de toute pièce pour expliquer l’hypocrisie de ceux qui la forment. C’est si facile de se cacher derrière un concept pour justifier sa propre idéologie. C’est pas de ma faute, c’est la société dans laquelle on vit qui veut ça. La société impose ses mœurs. La société impose ses standards. Mais enfin, la société c’est vous ! C’est nous qui la constituons ! C’est toi, moi, ton voisin du dessous, ta tante Ginette et ton pote Matthieu. C’est tout le monde. C’est chacun d’entre nous. Donc la société, elle bouge, elle évolue, elle se change. Alors si on décide ensemble que l’amour va au-delà du genre, tout geste démonstratif de cet amour ne sera plus perçu comme un mal pour « la société ».
Et si on estime ensemble qu’une femme peut s’habiller comme elle veut, alors tant le crop top que la mode pudique d’H&M sera acceptée. Je parlais de violence tout à l’heure, mais la violence n’est pas que physique. Les mots sont d’une violence inimaginable. Le jugement d'autrui, les débats publics, les disputes domestiques... Trop souvent nous parlons plus rapidement que nous pensons, et le résultat fait mal pour notre interlocuteur ou pour ceux qui sont ciblés par les débats. Trop souvent nous ne pensons pas à l'impact d'un mot sur celui qui nous écoute. J’ose à peine revenir sur les propos de Mme Rossignol qui parle de "nègres américains qui étaient pour l'esclavagisme" et qui rabaisse la faculté d'opinion et de réflexion d'une femme tout en touchant à sa dignité et à sa liberté d'action. Ses propos sont d’une telle violence, c’est à peine croyable de la part d’une représentante d’un Etat laïque socialiste. Preuve qu’aujourd’hui tant le mot « socialiste » que « laïque » n’a plus de fond. Mais ça, c’est un autre débat. Tout me choque, tout me révolte dans cette France perdue dans ses débats puériles et ses convictions dépassées.
Outre la parole et les actes, la violence se retrouve également dans l’inaction. Oui, c’est violent de laisser des familles s’échouer en mer. C’est violent de refuser d’aider des humains fuyant l’horreur de la guerre. C’est violent d’affirmer qu’ils n’auront pas d’aide car... Pourquoi au juste ? Parce-qu'ils sont trop? Parce-que parmi les millions, une dizaine peut être des terroristes ? Parce-qu'ils bousculent notre quotidien de riche blanc privilégié? Parce-que nos problèmes économiques prévalent sur leur vie et leur dignité ? Hm. Comment peut-on dire qu’ils ont eu tort de fuir et qu’ils feraient mieux de rester se battre ? Comment des pays civilisés, développés et soit disant démocrates et unis peuvent déclarer fermer leurs portes à tant d’innocents condamnés ? Comment peut-on laisser les réfugiés s'entasser comme des animaux dans un endroit où on ne laisserait même pas notre propre chien dormir ? Comment peut-on les forcer à vivre dans ces conditions inhumaines ? L’inaction est violente. Elle fait mal à voir et j’ai du mal à réaliser que je suis témoin de cette misère sociale et politique.
Mais qui suis-je dans ce monde de géants ? Moi, petite campagnarde, fille d’une veuve employée, coincée entre son passé, sa douleur quotidienne et son envie folle de découvrir la planète pour espérer y trouver un coin de bonheur et de bien être. Comment puis-je faire entendre ma voix ? Pourquoi est-ce si compliqué de comprendre le fonctionnement du monde ? A partir de quand ai-je réalisé que mes questions n’obtiendraient aucune réponse ?
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Un coup de fil d’une amie. « Je n’ai plus besoin de ton sac à dos, on ne part plus à Istanbul demain. » Merde, mais pourquoi ? Oh, je n’ai pas vu les news encore. Il est midi pourtant, et rien sur mon smartphone ou mon ordi ne m’indique que des turcs viennent de mourir. Qu’un attentat s’est produit, en plein cœur d’une des plus belles villes du monde. Que des innocents comme toi et moi ont perdus leurs proches tandis que d’autres seront blessés à vie. Mais ça s’est produit en Turquie vois-tu ; la Turquie, ce pays qui attise la curiosité, la peur et l’incompréhension dès son évocation. Tant de clichés alimentés par l’esprit fermé des pays occidentaux et l’incompétence désarmante des médias. « Un attentat, ce matin, en plein centre-ville, pas loin de chez Irmak, tu y crois ça ? » (...) « Oui, c’est plus sûr de rester en Hongrie, les vacances ça attendra. Je préviens les autres et je m’assure que Mert et Özge aillent bien. »
Heureusement Irmak est saine et sauve, et ses proches aussi, pensais-je. Mais non, Irmak ne va pas bien finalement. Elle hurle de douleur, je le sens dans ses messages, je le lis dans ces mots. Elle est apeurée, elle est en colère, elle est complètement perdue. Comme moi le 13 novembre. Comme nous tous je suppose.
Pourtant j’entends déjà tant les bourgeois du XVIème que les paysans de ma région penser: Oh, pas de quoi être étonnée, ça doit être normal là-bas chez eux. C’est loin, c’est pauvre, c’est contrôlé par un dictateur, c’est musulman, c’est en pleine guerre, les kurdes, le PKK, Erdogan, la liberté de la presse, les droits de femmes, la frontière avec la Syrie, l’Etat Islamique, tout ça quoi. C’est normal pour ces gens-là. Et bien non. Pas du tout. Une bombe dans la rue la plus fréquentée de la plus grande ville du pays, ca ne va pas de soi. Ce n’est pas leur quotidien. Du moins ça ne l’était pas.
- "(...) Unfortunately I don't feel safe here, terrorism attact can be happend again in Turkey and I don't know what to say, I'm scared of even walk in the street and our governmental situation is too complex right now. It must be end soon. Otherwise no way to live my beautiful city..."
- "(...) We live in unsafe times now. I am fine but my friend's friend died and one of my friend got injured last week. We had been trying to cover ourselves then we heard about Istanbul. After seeing photos which are entirely bad, it is hard to go on. Upcoming two days would be more dangerous, sunday and monday. Let's hope nothing will happen. (...)"
- "Yeah honestly I even cannot be sure about going out nowadays...It's a really sad situation. I have no idea what to do, how to feel...I'm so upset. And angry. Why all these things are happening? Why do some innocent people have to die?!"
Réactions de mes amis.
J'étais censée aller les voir à la fin de mon erasmus, en Mai. J'avais même fait faire un passeport rien que pour la Turquie. Istanbul et Cappadoce. Maintenant je doute. Ce pays est si magnifique, et les habitants sont si chaleureux et accueillants, mais l'aventure attendra peut-être, et l'amitié tiendra, de toute façon.
Pourquoi nous sentons nous déconnectés de la Turquie ? Pourquoi cette attaque ne touche pas les pays riches ? Pourquoi ne nous sentons nous pas concernés ? Dis Mark Zuckerberg, il est où le drapeau turc sur les photos de profil facebook ? Et vous, maires des capitales du monde, ils sont où les éclairages des grands bâtiments au couleur de la Turquie ? Ah, c’était si hypocrite en novembre. Vous étiez Charlie, vous étiez Paris, mais bon sang de bonsoir pourquoi n’êtes-vous pas Istanbul ni Ankara ? Cette solidarité sélective me dégoûte. Je croyais que nous étions tous humains, tous égaux, mais il faut croire qu’une exception s’applique lorsque l'on ne partage pas la même culture, la même religion, la même couleur de peau ou le même système politique.
James Taylor l’a si bien dit : "C’est facile de regarder les attaques terroristes qui se produisent à Londres, à New York, à Paris et de ressentir de la douleur et de la tristesse pour les victimes. Donc pourquoi n’est-ce pas la même chose pour Ankara? Est-ce parce que vous ne réalisez pas qu’Ankara ne diffère pas de l'une de ces villes? Est-ce parce que vous pensez que la Turquie est un pays à majorité musulmane, comme la Syrie, comme l'Irak, comme les pays qui sont dans un état de guerre civile, et que par conséquent, ça doit être pareil. Est-ce parce que comme vous ne vous souciez pas de ceux-là, alors pourquoi se soucier de la Turquie? Si vous pensez que ces attaques d’Ankara ne vous affectent pas, ou que vous ne pouvez pas ressentir la même douleur que vous avez ressentie lors des attaques de Paris ou de Londres, alors peut-être vous devriez vous arrêter et penser pourquoi, pourquoi vous sentez vous comme ça ?”
Pendant que les monstruosités continuent hors de nos frontières, nous, petits français narcissiques, nous sommes focalisés sur l’arrestation d’un des hommes responsables de notre douleur il y a 4 mois de ça. Une douleur pourtant similaire à celle des turcs, mais dont on ne se sent pas concerné. Alors certes cet enfoiré a été arrêté, mais, et alors, j’ai envie de dire. Et alors ? Tant mieux, c’est sûr, mais des gens comme lui, il y en a des centaines. C'est quoi la suite ?
Il est déjà trop tard pour lister ses bonnes résolutions de l'année, vous pensez ? J'espère que non. Et puis de toute façon, tant pis, je le fais quand même.
En toute franchise, lorsque nous sommes passés en 2016, ça m'a fait ni chaud ni froid. Selon moi le plus gros renouveau dans une année se produit toujours au début d'une année scolaire, et non d'une année civile. Passer de 2015 à 2016 ne change rien pour moi puisque je continue mon aventure Erasmus en Hongrie, je continue à vivre au même endroit, à étudier la même chose et à découvrir l'Europe - à la seule différence que mes amis étrangers ne restant qu'un semestre ne sont plus là. Donc fin décembre ou début janvier, je n'en avais strictement rien à carrer que l'on commence à écrire un 6 à la fin de la date. Ma mère me demandait avec une grande curiosité quelles étaient mes résolutions de 2016, et je répondais sèchement que je n'en avais pas. Non pas que je me trouve parfaite - bien au contraire -, seulement je ne pensais pas que c'était le bon moment pour me poser et réfléchir à ma vie actuelle. Je ne me sentais pas d'humeur à réfléchir à qui je suis et qui je veux être. En réalité je me remets en permanence en question et je doute de tout, et poser des mots sur ce que je ressens est une étape qui me terrifie et me stimule à la fois. Je ne faisais que repousser l'échéance, au fond.
Car en effet, durant ce mois de janvier j'ai eu beaucoup de temps libre - les cours ne reprenant que le 1er février. J'en ai alors profité pour revoir mes amis en France, pour voyager surtout (Grèce et bientôt République Tchèque), pour voir Imagine Dragons en concert (géniallissime), pour découvrir de nouveaux artistes sur YouTube...et également pour penser. Beaucoup. Et je me suis alors surprise à réfléchir à quel type de personne je veux devenir, à tout ce qui n'allait pas et à ce qu'il fallait que j'améliore chez moi. J'ai donc listé une quinzaine de points à changer dans ma vie, et c'est avec un poil de pudeur que je vous en fais part.
Croire en moi.
Etre indulgente envers moi-même et me traiter comme je traite une amie.
M'ouvrir aux autres, partager mes sentiments et être plus expressive.
Oser.
Vivre l'instant présent sans me préoccuper des autres ni du futur.
Penser positivement.
Me faire tatouer en Hongrie.
Rejoindre une association une fois de retour en France.
Continuer à voyager.
Faire un saut en parachute cet été.
Passer moins de temps sur les réseaux sociaux.
Acheter des légumes frais, cuisiner et manger mieux.
Combattre la boulimie.
M'inscrire à la salle de sport.
Avoir toujours une bouteille d'eau dans mon sac.
Dans 11 mois je reviendrai sur cet article et je me fais la promesse d'être capable de tout cocher.
Et vous, avez-vous pris un nouveau départ en 2016? Avez-vous lister des points à améliorer, des choses à changer ou des actions à faire ? Les avez-vous déjà abandonnées? J'ai hâte de vous lire ! :)
Ce week-end, c'était révision à gogo (oui en Erasmus il nous arrive de bosser aussi parfois).
Et malgré ce que peuvent dire les études et les scientifiques, je m'en fiche : moi, pour travailler, j'ai besoin de musique. Je ne supporte pas le silence, le bruit du stylo sur le papier, du souffle de mon ordinateur, de ma chaise qui grince ou de mon ventre qui gargouille. Ce silence qui n'en est pas vraiment un me stresse, tandis que la musique me détend. De plus j'ai besoin de me renfermer sur moi-même et d'être coupée du monde qui m'entoure afin de pouvoir me concentrer. Mes écouteurs sont donc mes fidèles alliés dans ma lutte contre la distraction et mon combat pour me sentir dans ma bulle.
Alors avant de me mettre sérieusement à étudier, vendredi dernier j'ai ouvert iTunes et j'ai créé une nouvelle playlist "Winter chill". Puis l'idée m'est venue de faire partager une partie de cette liste sur oops-mymind. Et c'est là que la notion du temps m'a échappée ! Il est 17h, merde Eugénie, pourquoi n'as-tu révisé qu'une matière sur les quatre ? - Mais au moins, j'ai un article de prêt et le sourire aux lèvres, pensais-je.
Alors voilà, l'échantillon est là. Cette playlist est parfaite pour réviser, se relaxer ou se poser au coin du feu avec un chocolat chaud et un plaid. Je pense qu'il s'agit de ma meilleure playlist, chacune des chansons me donnant des frissons et me transportant hors du temps. Pardonnez la longueur, je n'ai que péniblement réussi à passer de cent à vingt titres.
Sziastok !
Après avoir perdu 20°C en deux jours, c'est décidé, il est grand temps que j'édite mon article astuces qui traîne dans mes brouillons depuis des semaines et que je le poste une bonne fois pour toute. Même s'il ne fait que 5 à 8°C actuellement, je sais que ce n'est qu'un avant goût et je ne peux m'empêcher de penser au redoutable hiver qui m'attend en Hongrie. Donc me voici de retour avec dix conseils pour survivre en hiver. Enjoy !
1. S'hydrater de l'intérieur.
Le conseil bateau mais pourtant l'un des plus importants. Même s'il fait froid et que notre corps ne réclame pas forcément de l'eau, boire beaucoup reste la meilleure façon d'avoir un corps sain et une peau saine. Si comme moi vous n'avez jamais soif, faites vous des infusions, des thés, de l'eau citronnée... Trouvez le parfum d'infusion qui vous convient. Personnellement, je raffole des infusions au pamplemousse et du thé noir avec un nuage de lait(rpz mon année en Irlande!)
2. S'oxygéner.
Sortir, respirer, prendre l'air. Rien de tel qu'une petite ballade digestive ou d'une promenade le dimanche après-midi pour faire le plein d'air pur et se sentir revitaliser. Le top du top serait même de prendre un bol d'air marin, ce que je ne peux malheureusement pas faire ici. Ne serait-ce que pour lutter contre la déprime hivernale, prendre le soleil ou tout simplement prendre l'air est un remède incontournable et indiscutable.
3. Manger équilibré. J'ai l'impression d'être ma mère, mon dieu. Mais bien qu'il soit difficile de l'admettre, une maman a toujours raison. Alors oui, elle a raison lorsqu'elle me dit qu'il faut manger de tout avec modération. J'insisterai ici sur le fait qu'afin de renforcer ses défenses immunitaires, il est tout particulièrement nécessaire de consommer des vitamines. Alors à vos fruits ! Kiwi, orange, clémentine... Mais également à vos légumes ! Et à vos compléments alimentaires ! Il n'est pas interdit de demander un petit coup de pouce à l'industrie pharmaceutique en prenant des vitamines ou du magnésium. Pour l'avoir pris en cure l'an dernier, la formule Bion Equilibre Magnésium ++ est top !
4. Bien dormir.
Nos muscles se contractent, notre corps dépense de l'énergie pour tenter de se réchauffer, ce qu'il fait que oui, résister au froid, ça fatigue. De plus un corps fatigué est plus facilement sujet à attraper des bactéries et est plus faible pour les combattre. Alors organisez votre journée de façon à pouvoir être au lit à 22h30 et dormir minimum 8h par nuit.
5. Boire de l'alcool.
Bah quoi, ça réchauffe, non? (pardon, déformation erasmussienne). Blague à part, un bon vin chaud à un marché de Noël, il n'y a rien de tel !
Cup de vin chaud du marché de Vienne.
6. S'autoriser des journées cocooning.
Je m'éloigne de plus en plus des conseils bateau, vous avez remarqué?
J'entends par là des journées solo en pyjama, sous la couette avec un chocolat chaud et un marathon série. Oui, il faut parfois s'autoriser à devenir accro aux séries. Si vous êtes en manque d'idées, mes séries du moment sont : How to get away with murder, Chicago P.D, Quantico et Arrow.
Mis à part les écrans, je vous suggère aussi de vous concocter une petite playlist hivernale, à écouter le soir dans votre lit ou le matin dans les transports en commun. En plus, étant à présent en Décembre, c'est officiellement autorisé d'écouter des musiques de Noël !
Arrow, black tea et journal de bord.
7. Faire du sport.
C'est à n'y plus rien comprendre. Un coup je vous dis de dormir et passer la journée dans votre lit, un autre coup je vous demande de faire du sport. Il faut simplement trouver un juste milieu ! Car il est nécessaire de garder son corps actif et de se bouger même lorsque la flemme nous empare. Qu'il s'agisse de s'inscrire à la salle de sport, de courir autour du lac ou de faire une séance de gainage/abdos tout les matins, tout est bon à faire.
8. S'hydrater de l'extérieur.
Le vent et le froid agressent notre peau, vous le savez autant que moi. Donc armez-vous de crème hydratante pour le corps, le visage, les mains, mais aussi les cheveux, les lèvres... Bref, à chaque partie du corps correspond un type de crème.
9. Faire du shopping.
C'est la période de l'année où vous avez le droit de porter un bonnet sans passer pour un hipster. S'il y a bien une chose que j'adore à propos de l'hiver, c'est bien les vêtements ! Les gros pulls, les hoodies, les bonnets, les écharpes, les gangs, les moufles, les bottes, les chaussettes et tout autres accessoires qui recouvrent un peu plus une partie de notre corps. Saviez-vous que le mot "moufle" fait partie de mon top 3 des mots préférés de la langue française ?
10. Prendre soin de soi et se faire plaisir.
Un rendez-vous chez l'esthéticienne, une après-midi potins avec ses amis, un tour au marché de Noël, un chocolat chaud viennois, une manucure étincelante...
Et vous, quelles sont vos conseils beauté/bien être de l'hiver ?
Il est temps pour moi de partir en cours et affronter le froiiiid. See you x
Après cette semaine difficile et pour toutes les prochaines qui risquent de se reproduire, je partage ici rapidement un top dix des vidéos célèbres ou non qui vous (re)donneront le sourire en un clin d'oeil !
Oups, j'ai honte. Mais cette vidéo me remonte le moral, alors pourquoi s'en cacher.
Evadez-vous quelques minutes avec ces vidéos, ou sortez prendre l'air, lisez un livre, regardez un épisode de New Girl, faites vous une fondue au chocolat entre amis, riez des blagues sans fin sur le logeur Jawad, parlez à votre voisine, dansez en boite jusqu'au matin... C'est ce que j'ai fait perso, et ça marche. Ca ne sert à rien de ressasser, mise à part se conforter dans sa déprime et s'auto-imposer des barrières. La vie est belle les amis, je n'ai pas besoin de vous le dire, je sais que vous le savez.
Je n'arrive pas à ne pas y penser. Parfois mon esprit s'évade, je regarde une série, je lis un livre, je parle avec mes proches. Mais à la fin de l'épisode, à la fin du chapitre et à la fin de la discussion, la réalité me frappe de nouveau en pleine face. J'y pense en permanence et cela m'obsède l'esprit. Je n'arrive pas à arrêter d'y penser. A quel point ce monde est tordu. A quel point l'humain est cruel. A quel point la vie est tragique. A quel point le futur est terrifiant.
Bizarrement je n'ai pas peur de mourir, non. Je n'ai pas peur de sortir, me rassembler, prendre le métro, aller à des concerts, à des matchs de foot ou au resto. Je n'ai pas peur d'être moi-même une victime. Mais j'ai peur d'une seule chose : être témoin de la mort. Ces attaques vont se répétées et la guerre va prendre de plus en plus d'ampleur. Les attaques se multiplieront et seront de plus en plus meurtrières. Un jour ça sera la voisine de ma tante, le mari de ma prof, le père de mon camarade. Puis ça sera ma marraine, mon frère, ma meilleure amie... Je ne sais que trop bien ce que c'est que de se reconstruire après un départ anticipé. Je ne sais que trop bien ce que c'est que d'être endeuillée et de pleurer en cherchant en vain des raisons à cette disparition. Et je ne le souhaite à personne. Je n'ai pas peur de mourir non, j'ai peur de voir les autres mourir.
J'ai peur de la division aussi. Surtout. De la division du monde, de ma nation, de mon pays, de mes proches. Pour ou contre répliquer plus fort? Pour ou contre l'état d'urgence? Pour ou contre la violation de notre vie privée? Pour ou contre l'accueil de migrants? Ah, arrêtez avec vos disputes puériles. Arrêtez avec vos idéologies fascistes à la con, avec votre putain d'esprit fermé et occupez vous d'enlever la merde coincée dans vos yeux. Évoluez avec votre temps, vivez avec le monde et "aimez vous les uns les autres, bordel de merde."
J'ai 20 ans et je suis témoin de la guerre, mais que se passe-t-il? Mes croyances de petite fille s'écroulent. Lorsque j'entendais parler des deux guerres mondiales, cela me paraissait si lointain. A l'école, on nous apprend les horreurs de la guerre, les dommages humains et matériels. Mais c'était en 1900 et quelques, c'était il y a longtemps, c'est du passé, le monde a changé depuis. On est civilisé maintenant, les allemands sont nos amis, l'Europe se construit alors tout va bien. La guerre c'était du temps de nos ancêtres, c'était il y a des décennies, ca parait presque irréel, impensable. Non, on n'est plus des barbares nous, une guerre comme cela ça ne se reproduira jamais. C'était du temps de non grand-parents, c'était il y a longtemps, on n'est plus comme ça, on n'agit plus comme ça.On n'est pas des sauvages, on a des moyens modernes maintenant, on est en 2015 quoi.Les fossés, les poilus, tout ça c'est loin derrière nous.
Et pourtant. La guerre est bien là. Il nous aura fallu du temps pour nous en rendre compte. Un onze septembre, une organisation terroriste démantelée, une révolution arabe, des dictateurs, des attentats au proche et moyen orient, des attentats au Maghreb, un à Londres, un autre à Madrid. Puis Charlie il y a 10 mois. Oh Charlie et l'hyper casher, ça nous a fait mal. On réalise un peu plus à quel point on est dans le pétrin. Mais des éléments font que l'on reste dans le déni. C'est à cause de ce qu'ils faisaient, c'est à cause de ce qu'ils étaient. C'était des cibles précises, il y avait "une raison", Mais un restaurant, un stade de foot, une salle de concert.. merde, pourquoi? Ca n'a aucun sens. J'étais à une soirée en Hongrie lorsque les alertes lemonde ont fait vibrer mon portable. Mais c'est lorsque mon frère m'a écrit "C'est comme Charlie mais en 10 fois pire" que j'ai pris peur et réalisé l'ampleur des événements. J'ai beau retourner les faits encore et encore dans ma tête, je n'y comprends rien. J'ai beaucoup pensé à mes petites cousines et un petit garçon de 6 ans dont je suis très attachée, et je me suis demandée ce qu'ils ressentaient, comment ils voyaient tout cela et surtout ce que leur maman pouvaient bien leur dire. Comment expliquer cela aux enfants? Comment leur expliquer que des gens tuent d'autres gens parce-qu'ils profitent de la vie? Puis je me suis rendue compte que je n'y comprenais rien moi-même, que personne n'y comprenait rien et que les enfants comme les adultes se retrouvent sans réponse. Si quelqu'un a réussi à parler à son enfant, qu'il vienne me parler aussi. Car je me sens comme une enfant aussi, je me sens fragile, fébrile et démunie. Je ne comprends pas, je ne comprends rien. Ca n'a aucun sens.
J'ai mal à mon Paris, j'ai mal à mon pays, ma liberté, ma République, ma culture. Je voulais réagir à froid mais je réalise que c'est encore chaud. Des frissons, des débuts de sanglots, quelques larmes isolées qui coulent encore. Mon monde s'est arrêté de tourner depuis cette nuit d'horreur.
Mais pas le monde des autres Erasmus. Ils ont été choqués samedi, dimanche peut-être, et puis voilà. Pendant ce temps là moi j'ai fais ma minute de silence lundi, je me suis habillée en noir, et je ressasse les événements en permanence, j'en ai cauchemardé cette nuit même. Ca n'a aucun sens. J'en discute tout le temps avec les autres français, je m'informe, je lis énormément d'articles et de témoignages et je regarde en streaming mon Président parler à l'Assemblée nationale ainsi que mes journalistes être émus aux larmes. Les autres, eux, ils rigolent, ils sortent, ils vivent. Pourquoi moi je devrais m'arrêter? Je suis comme une coquille fêlée, mais pas encore cassée.
Alors je sais que petit à petit la vie va reprendre son cours. On y pensera toujours bien sûr, mais ça ne sera plus la principale source de nos préoccupations. On continuera à rire, à débattre et refaire le monde en famille, à se disputer avec son frère, à boire trop de rouge en terrasse, à danser pendant des concerts, à dîner au resto du coin et à s'énerver devant des matchs de foot. La vie continue, parce-qu'ils ont tués 129 personnes, pas 66 millions.
Le directeur de ma fac nous a écrit un mail hier soir. Son message était touchant, poignant et plein d'espoir :
"(...) La jeunesse est touchée en son coeur, sur ses lieux de prédilections, et pour ce qu'elle représente : l'avenir. Vous êtes, vous étudiants, la réponse la plus forte qui soit à ces actes abominables. Vous avez les ressources pour dépasser la haine et apporter votre pierre à une société plus éclairée.
Ces attaques ne font que renforcer la raison d'être de votre université, lieu de partage et de savoir. Elles ne font que renforcer notre détermination à être à vos côtés. (...)
Toutes les universités seront ouvertes demain. Avec encore plus de détermination qu'hier. (...)
Je sais pouvoir compter sur votre vigilance et sur votre engagement pour surmonter ces terribles épreuves."
Ce qu'il s'est passé à Paris est une tragédie. Ce qu'il s'est passé à Beyrouth est une tragédie. Et le fait que ce qu'il s'est passé à Paris compte plus que ce qu'il s'est passé à Beyrouth est une tragédie. Je suis confuse et je me sens gênée de voir que la solidarité ne se témoigne qu'envers les grands pays occidentaux. Je me sens privilégiée de savoir que mon chagrin est partagée par le reste du monde. Et ça non plus ça n'a aucun sens. Nous sommes tous humains, et que nous vivons dans un pays riche et puissant ou non ne devrait pas impacter sur l'importance de nos pertes. Mes pensées se tournent vers tous les proches des victimes des attentats.
Commémoration à Pécs, Hongrie.
We want peace.
"Les terroristes ne détruiront jamais la République car c'est la République qui les détruira." B. Cazeneuve, Ministre de l'Intérieur.
Il y a quarante quatre semaines, c'était un journal satirique et une communauté qui ont été pris pour cible. A cause de ce qu'ils faisaient, et de ce qu'ils étaient. Je me souviens si bien de ce sentiment d'impuissance, de dégoût et d'incompréhension. Je m'en souviens trop bien. Et je me souviens également de ne plus jamais vouloir ressentir cette colère et ce mal être, tout en étant malheureusement certaine de devoir y refaire face un jour. Et ce jour est arrivé. Cette nuit. Cette horreur.La folie humaine n'a donc aucune limite.
Il y a quarante quatre semaines j'étais présente pour soutenir mon pays et ma nation. Aujourd'hui je me situe à des milliers de kilomètres, agrippée à mon smartphone pour pouvoir suivre l'actualité. Je me sens démunie, vidée et impuissante.
Quarante quatre semaines plus tard et c'est une masse de français quelconques qui a été pris pour cible. Il ne semble y avoir aucune logique, juste l'envie de toucher un nombre maximal d'humains pendant un moment de joie, de rassemblement et de détente. Juste l'envie gratuite de détruire. C'est déchirant, révoltant, pesant. Je me suis endormie les yeux en pleurs, je me réveille les yeux mouillés. Comment une vie humaine peut-elle n'avoir vraiment aucune valeur pour ces... ces monstres ? Comment peut-on prendre plaisir à préparer et exécuter une tuerie? Comment peut-on voler une vie au nom de Dieu? Comment? Pourquoi vouloir tuer des personnes dont le seul reproche était de vivre ? Pourquoi aimer infliger de la souffrance? Pourquoi attiser la haine? Au nom de qui? Dans quel but? Tant de questions qui resterons à jamais sans réponse. J'ai mal, j'ai affreusement mal. A l'école on nous apprend les horreurs et les dommages des deux guerres mondiales. Ca parait si lointain, c'est du passé, c'est presque irréel. Je n'aurais jamais pensé connaître la guerre sur mon territoire à 20 ans. Et pourtant.
Cependant, bien que cette nuit-là ait été une preuve de ce que l'humanité a de pire, elle a été une preuve de ce qu'il a de meilleur. La spontanéité, la solidarité et le sang-froid des français m'ont impressionnée, je dois l'avouer. De même que les réactions sincères des étrangers qui m'envoient des messages et publient des photos et mots de soutien. En soirée avec des italiens hier, ils ont compris que la situation était grave lorsque tout les français se sont mis à regarder leur portable, affichaient un air grave et ne participaient plus aux conversations, exceptés entre eux. François Hollande m'a également impressionnée, je dois aussi l'avouer. Passer d'un match de foot à un état d'urgence, ce n'est pas la soirée la plus ordinaire qu'il soit. Notre pays est en guerre et j'ai le coeur serré mais je n'ai pas peur. Je n'ai pas peur, non, j'ai juste envie de serrer mes proches dans mes bras, car la seule chose qui me fait peur au fond, ce n'est pas d'être victime d'une attaque, mais c'est de les perdre eux. Et surtout je soutiens la position de mon chef d'Etat, car c'est la division qui nous affaiblira. L'important est de s'unir, de s'aimer, de se comprendre et de rester sensé, ne pas tombé dans la division, l'effroi ou la haine.
Mes pensées se tournent vers les familles des victimes, les blessés, les rescapés, les témoins, les forces de l'ordre et toutes les personnes qui resteront traumatisées par cette nuit de terreur.
"We can bomb the world to pieces, but we can’t bomb it into peace..."