Adventure Time (2)

ERASMUS in Pécs, Hongrie.



Jo napot kivanok ! Vous avez vu, je m'améliore en hongrois, hein? #oupas.

Après un article écrit vite fait mais par forcément bien fait (désolée), je reviens avec la deuxième partie afin cette fois-ci de décrire un peu plus précisément ma ville d'accueil et ma vie en Hongrie. Si vous me suivez sur les réseaux sociaux (facebook, twitter, instagram, snapchat: eugenie_bd), vous avez surement déjà un bel aperçu régulier de mes aventures là-bas !




  • Pécs, un ville de diversité
          Depuis le 1er septembre, je vis à Pécs (à prononcer avec un mélange entre "pitch" et "pêche"), une ville de 146 000 habitants au sud de la Hongrie. Située en Transdanubie dans le comitat de Baranya, cette ville est littéralement entourée de monts et collines. Elle se trouve d'ailleurs au pied du massif du Mecsek. Outre les paysages à couper les souffle entourant Pécs, la ville elle-même est un endroit fabuleux. Marquée par son histoire et sa proximité avec les Balkans, cette ville est en effet le reflet d'une diversité spectaculaire. Je ne me lasse pas de passer pourtant 4 fois par jour devant certains batiments. A chaque regard, je m'émerveille.







Un peu d'histoireLorsque l'Ouest de la Hongrie a été annexé à l'Empire romain, les Romains ont fondé cette ville, alors nommée Sopianae. La religion était alors le christianisme, jusqu'à la chute de l'Empire romain en 476. C'est ensuite Charlemagne qui a reconquit la ville et l'a nommé Quinque Basilicae (« cinq basiliques »). Pourquoi ce nom? Tout simplement car les églises de la ville ont été construites avec des matériaux provenant de cinq anciennes chapelles chrétiennes. Plus tard, la ville est devenue Quinque Ecclesiae (« cinq églises »). Ce n'est qu'à partir de 1235 que le nom de Pécs apparaît. 

En 1367, Louis Ier de Hongrie y fonde la première université du pays, la Studium Generale. Au XVème siècle, la ville devient ainsi un haut lieu de l'humanisme de la Renaissance. Après la défaite du roi de Hongrie Louis II en 1526, Pécs est pillée et brûlée par les Turcs. C'est ensuite Ferdinand 1er, empereur des Romains, qui a reconquit la ville avant que celle-ci ne soit de nouveau prise par les Turcs en 1529. 
En 1780, Pécs reçoit le rang de ville libre royale par la reine et impératrice Marie-Thérèse d'Autriche. La ville poursuit son développement sous l'ère industrielle et devient un haut lieu de la production céramique, grâce notamment à Zsolnay.

Les romains, les capétiens, les turcs, les magyars.... Jonglant de domination en domination, elle a également au fur et à mesure du temps eut plusieurs noms. Les romains sont les premiers à avoir fondé cette ville, lui donnait le nom de Sopianae. Les magyars l'ont appelés Pécs, les turcs Pecuy, les allemands Fünfkirchen et les français Cinq-Églises.


Un peu de culture : L'histoire Pécs se retrouve énormément dans son architecture et son patrimoine : un basilique à 4 clochés, des chapelles et églises, mais également une mosquée (par la suite réutilisé comme église et classé patrimoine de l’UNESCO). Des remparts, une barbacane, des styles architecturaux aussi variés que les couleurs des façades...


Cinquième ville de Hongrie, Pécs est une cité cosmopolite marquée par son histoire riche et l'influence des nombreuses nationalités qui y habitent, essentiellement des Hongrois, des Croates et des Souabes du Danube. Par ailleurs, il n'y a pas une semaine sans qu'il ne se passe un événement culturel dans cette ville : un carnaval, une fête du vin, une course à pied, des concerts, des défilés de vieilles voitures.... ce n'est pas pour rien qu'elle a été élue capitale européenne de la culture en 2010 !


  • PTE, une université "un an plus jeune que la Stella Artois"
          J'étudie à PTE (acronyme de Pécsi Tudományegyetem), la première université de Hongrie et l'une des plus ancien du continent. "Un an plus jeune que la bière Stella Artois", dixit le directeur de l'université. D'ailleurs, c'est le même directeur qui, lors de la pré-rentrée des internationaux/erasmus, nous a dit de profiter un maximum de cette année, de sortir boire un verre et d'éventuellement aller en cours.
Divisée en plusieurs campus éparpillés un peu partout dans la ville (Faculty of Business, Law, Humanities, International Relations, Ingeneering, Art, Medicine, Sports....), cette université créé en 1367 est extrêmement fière de son histoire et de sa qualité d'enseignement, et elle a de quoi. Des étudiants pourtant de Budapest (la capitale) viennent étudier ici, et ce notamment pour la possibilité d'avoir des cours en anglais. C'est d'ailleurs ce petit plus qui fait que PTE accueille énormément d'internationaux, qui - à l'inverse des erasmus ou autre programme temporaire hors Europe - viennent à Pécs pour y faire tout leur cursus. J'ai notamment rencontré pas mal de Kazakhes, Tunisien, Albanais, Chinois et même Espagnols et Italiens qui sont ici pour leurs études de médecine ou d'économie. Le site de la fac est lui-même fait pour les internationaux, avec une rubrique sur les traditions hongroises, les habitudes alimentaires, comment se rendre à Pécs, pourquoi y venir...ainsi qu'un guide "Comment survivre à Pécs" avec tout les éléments utiles tels que les lignes de bus, les numéros des taxis et de quelques médecins... 

Concernant les cours, et notamment en droit, personnellement je trouve que les cours c'est de la rigolade. Pas de cours en amphi, juste des mini classes allant de 4 à 20 élèves. Personne ne note, tout le monde est sur son portable (connexion wifi au top dans la fac!). L'un de mes cours, le prof ne prend même pas la peine de faire cours : ce sont les élèves qui chaque semaine doivent faire un exposé de 45 min afin de présenter le système juridique d'un pays. Je passe dans 1 semaine...wish me luck !

Pour l'anecdote : le souvenir le plus wtf à propos de cette université reste pour l'instant la course de bateaux dragon organisé par la fac de sport samedi dernier. Pour faire très court, une compétition de bateau était organisée sur un lac.......en même temps qu'une compétition de goulash (le plat traditionnel hongrois) ! Du grand n'importe quoi. Pendant que la majeure partie de l'équipe pagayait, l'autre devait cuisiner sur un réchaud et dans une marmite semblable à celle d'Obélix. Chaque équipe avait un cageot avec tout les ingrédients nécessaires et au moins 3 palettes de 30 bières ainsi que de la palinka (alcool hongrois à 40 degré) et d'autres bouteilles de liqueur ou de vins venant de Croatie ou de Slovaquie. Et le tout à volonté et gratuitement ! Du grand n'importe quoi j'vous dis ! 

Bref, un université extrêmement accueillante et chaleureuse, comme vous pouvez le constater.


  • Erasmus, non pas un an dans une vie mais une vie en un an.
          Erasmus c'est une philosophie de vie je crois. Pas de préjugés, pas de retenus, une ouverture d'esprit et une capacité relationnelle incroyable. D'ailleurs, je me demande ce que je fais parmi tout ces gens absolument fantastique et charismatiques. 
La vie se fait entièrement entre étudiants erasmus (soirées, voyages, cours...) et les quelques hongrois qui font partie de ESN ou qui prennent des cours en anglais. Oh oui, d'ailleurs je ne peux pas parler de la fac sans parler d'ESN - Erasmus Social Network -, l'association qui encadre et accompagne les erasmus. Les membres de l'association en Hongrie semblent être actifs, mais ceux d'ESN Pécs le sont à 400 000 000%. Pas une semaine sans qu'il n'y ait moins de 3 évènements d'organisés (Camp d'intégration, city adventure tour, language learning, pub quiz, club nights, forest trip, wine tasting, BBQ, trips, country presentation evening...). J'admire leur implication et leur dévotion pour nous faire passer un semestre ou une année inoubliable.

Erasmus dans les pays d'Europe centrale ou de l'Est se résume donc à sortir dès le mardi jusqu'au samedi, à boire des pintes à 1€ et à entrer en boite pour 3€. Ca se résume aussi à voyager un week-end sur deux dans les pays frontaliers ou à l'intérieur même du pays d'accueil. Erasmus ça se résume aussi beaucoup au plan-cul (je ne parle pas pour moi!! Mais il faut bien l'avouer..) ou aux histoires sans lendemain. Mais ça se résume aussi à des couples internationaux (et mon dieu qu'il y en a ! Turque/Hollandais, Roumaine/Hollandais, Allemande/Tchéque, Française/Norvégien, Américaine/Allemand....)
Erasmus ça se résume à abandonner son confort quotidien, ses habitudes et sa façon de penser au profit de non pas une culture, mais d'une bonne douzaine d'autres. Cette année c'est l'expérience, la découverte, le "je m'en fous, j'ose" et le "je dormirai que je rentrerai".


Erasmus c'est aussi pour moi la découverte de la vie en résidence étudiante à 120€ par mois. Et le résultat est aussi négatif que positif. Avoir une chambre de 10m² pour deux avec de la moquette sans réelle couleur tellement il y a de tâches, avoir une salle de bain dont le tuyau de douche est relié au robinet du lavabo, avoir des coupures d'eau chaude... Mais surtout, avoir une cuisine ainsi qu'une machine à laver pour la centaine d'étudiants. Ceci étant dit, c'est aussi avoir des soirées dans la chambre du voisin, des dégustations de lasagnes fait maison par les italiens, des meetings dans la salle télé.... En bref, c'est pas du luxe mais c'est conviviale.
Sur l'un des murs de la résidence, il est écrit "Erasmus is not a year in a life, but a life in a year" et il n'y a rien de plus exact !



Je sais que cet article est interminable, et si vous êtes arrivés jusqu'au bout, sincèrement je vous en remercie ! J'espère que vous avez apprécié ce petit aperçu de ma nouvelle vie, et surtout que cela vous a donné envie de visiter la Hongrie ou même de partir étudier à l'étranger.
Köszi és sziastok !

Pécs, d'un point de vue très (très) lointain !