'Underwater'


Reda Kateb et Ryan Gosling

Lost River - Avant Première et critiques



Lundi dernier, alors que j'étais encore dans ma famille en Bretagne pour le week-end de Pâques et que je m'apprêtais à partir en ballade à Guérande, mon amie Mazarine (qui tient également un blog très diversifié) m'a envoyée un sms des plus banales.
--> 'Tu es disponible mardi soir vers 19h?".

- Non, j'ai une interro de droit administratif à réviser, pensais-je.

Puis elle me révèle le pourquoi du comment : l'accompagner sur Paris pour aller à l'avant-première de 'Lost River'.

- Mouais, mais j'ai toujours une interro de droit administratif le lendemain, continuais-je à penser.

Je me suis ensuite souvenue que Lost River était un film dont j'avais entendu parlé lors du festival de Cannes de l'an dernier : il s'agit en fait du tout premier film réalisé par Ryan Gosling, avec entre autres Eva Mendas, Christina Hendricks, Saoirse Ronan et Reda Kateb.

- C'est sur que ça pourrait être sympa, pourquoi pas, mais, j'ai ... (et vous connaissez la suite).

Dernier sms : "En présence de Ryan Gosling.".

Pardon? Par-don? PARDON?!

- En présence de RYAN FUCKING GOSLING mais mais mais BIEN SÛR QUE JE VIENS!, hurlais-je intérieurement.




Alors oui, j'y suis allée et même s'il n'est apparu que 3 minutes et que j'ai mis mon réveil à 6h30 le lendemain matin : I REGRET NOTHING. Mardi dernier, j'ai donc loupé un TD, balancé mes fiches de révisions, abandonné mes bonnes résolutions de fin de semestre, tout oublié sur les prestations-in-house et de la responsabilité de l'Etat. et je suis partie à cette avant-première, parce-que you only live once et que ce n'est pas tout les soirs que l'on peut voir Ryan Gosling tout de même.

Cette aventure n'en aurait pas été vraiment une sans une petite anecdote : les places gagnées par Mazarine via melty.fr indiquait de se rendre au MK2 Bibliothèque à 19h. Arrivées sur place, léger contraignant : son nom n'était pas sur la liste. Bon. Par chance, l'organisateur pourtant déjà débordé a été adorable et a remué ciel et Terre (ok en réalité il a juste passé 3 coups de fils et envoyer 2 textos) pour nous aider et savoir d'où venait le problème. La solution était simple : nous étions bel et bien sur la liste, seulement pas sur la bonne. En fait, nous étions inscrite pour l'avant-première de 20h30, à l'UGC des Halles. Finalement tout rentre dans l'ordre et nous avons pu arriver (très) en avance pour avoir des places au premier rang.


Je passe le fait que Ryan Gosling se bonifie avec le temps et qu'il est ultra charmant in real life, car j'estime avoir assez blablaté et qu'il est temps de parler du film en lui même.





  • Synopsis

Lost River, c'est l'histoire d'une mère de famille et de ses deux garçons qui luttent pour survivre et conserver leur maison dans la banlieue abandonnée de Détroit. Touché par une très forte précarité, il semble en outre régner une atmosphère macabre dans ce quartier pauvre, presque entièrement désert et contrôlé par un jeune qui prend plaisir à semer la terreur. Tandis que la mère de famille est entraînée peu à peu dans les abysses d'un monde sombre afin pouvoir survivre, son aîné découvre une l'existence d'une ville au fond d'un lac et animée d'une malédiction.

L'histoire est en soi très difficile à résumé, je vous laisse donc avec la bande-annonce :




Mes impressions :


- Sans en dire trop pour éviter de spoiler -
  • Général

Impossible de ressortir indemne de la salle : ce film nous laisse en effet perplexe et suscite  une multitude des réactions. Il fait naître des sentiments très paradoxaux, puisque le contenu en lui même est très divergent :
D'un côté, il évoque la très forte précarité dans laquelle peut se retrouve une famille américaine et apporte un exemple type de désillusion du rêve américain en mettant en scène une Amérique sinistrée et en ruine. Il s'agit en effet là d'un film sombre, presque macabre.
D'un autre côté, ce film reste tout de même enfantin. Ryan Gosling semble l'avoir pensé avec son imagination et sa vision de petit garçon, dans la mesure où un regard naif et quel que peu innocent est détectable. On retrouve un univers presque spectaculaire qui se caractérise par des plans fixes hypnotisants, des couleurs mates et saturées, peu de dialogue, et une certaine lenteur dans l'action. Ce film est en plus de ça très travaillé au niveau du visuel, avec notamment les scènes de maisons incendiées qui en plus d'être réalistes avaient une pointe de poésie.


  • Personnages
    • Le fils ainé, Bones, est un ado qui a dû grandir trop vite, se mettant en danger pour rapporter un peu d'argent à sa famille. Bien que peu expressif, ce jeune est très touchant car son ton grave et fermé montre justement à quel point cette situation le rumine. Courageux et réfléchi, il tend à jouer le rôle du père tout en étant protecteur envers sa mère.
    • Billy quant à elle incarne une mère, à la fois forte et séduisante, qui, dépassée par les évênements, n'a d'autres choix que de travailler dans un cabaret très particulier et de plonger dans les bas-monde d'un univers qu'elle aurait préféré ne jamais approché. Elle ferait tout pour pouvoir subvenir aux besoins de sa famille et garder sa maison, quitte à se perdre entre son rôle de mère protectrice maternelle, de mère ferme et stricte et de femme séduisante.
    • Avec rôle certes minime mais qui m'a parue important, le chauffeur de taxi (interprété par le français Reda Kateb) apporte un part d'humanité et de sagesse dans ce monde tragique. Le trajet en taxi du domicile de Billy jusqu'au cabaret représente en effet un moment calme et posé à l'abris de tout trouble, et apporte une sorte de pause dans ce cahot ainsi qu'une touche de normalité. Le chauffeur, par ses bonnes paroles, ses gestes d'attention, ses yeux qui pétillent et sa façon de fumer à la James Dean, nous apaise et nous fait ainsi hisser un sourire. 
    • Enfin, la terreur du quartier, Bully, est un personnage complètement hystérique qui certes terrorise, mais qui intrigue tout de même et qu'on a bizarrement du mal a détester entièrement. C'est comme si la misère et leur précarité nous faisait avoir pitié de lui ; on trouve des excuses à sa cruauté. C'est de loin le jeu d'acteur le plus impressionnant.

  • Conclusions

Le scénario, très étrange et surprenant, voire le manque de logique dans celui-ci, ainsi que le rythme ralentit me permettent de dire qu'il ne s'agit pas là d'un film à voir absolument. Par ailleurs, étant très sombre, il comporte des scènes explicites difficiles à regarder. J'ai été déçue par la pauvreté du fil conducteur et aurait tellement préféré que l'idée de la ville sous le lac soit approfondie ! Car au fond, cette légende et cette malédiction apparaissent anecdotiques.
Ceci étant dit, Ryan y a joint beaucoup d'influence (on retrouve des similitudes avec le film Drive) et apporte un regard différent sur l'Amérique et les films macabres. Il a une personnalité et pose sa marque.  J'attends de voir son prochain film pour me faire vraiment une idée de ce qu'il vaut en tant que réalisateur, avec je l'espère un scénario qui tiendra mieux la route.

Lost River est un film au caractère sombre, mais est un bijoux visuel et surtout musical : la BO, faite par Johnny Jewel (membre de Chromatics) est ultra adéquate et ne fait pas que coller à l'atmosphère du film : elle créée carrément cette atmosphère !



Avez-vous vous Lost River ou comptez-vous aller le voir? Sur ce, je vous laisse. Passez un bon week-end, et surtout de bonnes vacances ! N'oubliez pas de sourire. Oh et laissez votre adresse mail dans la barre à gauche afin d'être prévenu des prochains posts ;).



PS : Mazarine a fait une vidéo à ce sujet sur sa chaine :