'Pursuit Of Hapiness'

C'est quoi le putain de bonheur? 





Il y a des soirs où je me sens d'humeur à philosopher et mettre des mots sur ma pensée :

          C'est quoi le putain de bonheur ? C'est quoi cette merde dont tout le monde parle constamment? J'ai l'impression que c'est le nouveau truc à la mode, le mouvement épistolaire superflu. Lorsque l'on te demande quel est ton but dans la vie, tu réponds "être heureux" et tu te sens cool, dans le vent, comme Beyonce dans Pretty Hurts. Pardon? Non. Non. Ca ne devrait pas être un but. Il ne faut pas le voir comme une grande étoile scintillante qu'il faut atteindre à tout prix. Arrêtez de tendre le bras jusqu'à vous en donner une crampe. On parle du bonheur comme l'on parle des sept merveilles du monde. C'est fantastique, magique, épique. Le bonheur est, dans les moeurs, rare et précieux. On voue un culte autour de ce mot, on l'admire,  on en rêve les yeux ouverts. On le cherche au dépens des autres sensations et on en oublie sa définition. C'est simplement devenue un idéal, une fin de Disney. Or c'est bien connu, un idéal est une perfection inconcrétisable. Le bonheur est une notion abstraite qui hante nos rêves. Oui, hante. Car voir le bonheur comme un but ultime engendre bien plus d'effets négatifs que positifs. Arrêtons de se le fixer comme objectif puisque cette recherche est vouée à l’échec. Oui j'ai osé le dire. Ca fait mal de l'entendre hein? Et pourtant je ne me range pas dans la catégorie des pessimistes. Je suis tout simplement pensive et réaliste. La perfection et le nirvana n'existe pas, à quoi bon vouloir l'atteindre à tout prix? Lançons nous plutôt des objectifs concrets et réalistes, cela engendrera moins de déception et plus de déterminisme dans nos actions sur du long terme. Le bonheur ne rime pas avec perfection et nirvana, il s'agit d'un état d'esprit.

Parfois, j'ose à peine prononcer ce mot de peur qu'il s'envole à la seconde où la dernière syllabe a été prononcée. De peur de le voir m'être retiré, je reste discrète. C'est insensée, je le sais bien, mais c'est devenue un mot aussi tabou que Voldemort.  De plus si j'ai le malheur de clamer être heureuse, je serais pointée du doigt. Oui, on est comme ça nous les humains, on aime mettre les gens mal à l'aise, soit disant ça nous réconforte dans notre propre mal être. Or ceux qui osent prononcer ce mot ne sont pas des inconscients, mais a contrario des courageux. Ils ont réussi à passer outre la pression de la société qui voudrait sans arrêt leur rappeler ce qui manque à leur pleine satisfaction de la vie. De peur d'être mise sous un projecteur, j'évoque ce mot à tatons, tout comme on plongerait la pointe du gros orteil dans un bain d'eau bouillante. C'est difficile d'admettre d'être heureuse, car on sait que derrière notre dos, certains murmureront nos défauts et nos failles et souligneront les nombreux éléments qui selon eux devraient être un obstacle à notre bonheur. Ou à l'inverse, il est difficile d'admettre être ou se sentir malheureux, sous prétexte qu' "on a tout ce qu'il nous faut pour être heureux" et que tout cela n’apparaît alors qu'être un caprice.



Il est en effet si difficile de faire abstraction du regard des autres. Mais pourtant c'est à partir de ce moment là que l'on se sentira plus libre et a fortiori plus heureux.  Il nous arrive d'être heureux et de se sentir bien, admettons le. N'ayons pas peur de dire que nos cheveux sont dociles, doux et soyeux  aujourd'hui, que notre nouveau jean met nos fesses en valeur et que cette robe nous amincit. Ne craignons pas de montrer notre intelligence, osons avouer que notre chambre est la plus belle, que nos proches sont fantastiques ou que l'on a passé une nuit merveilleuse et reposante. Laissons nous le droit d'être en forme et plein d'énergie jusqu'à faire tourner notre entourage en bourique. Ca ne veut pas dire que l'inverse se produira demain. Le bonheur n'est pas éphémère, il est juste instable et se manifeste à différents degrés. Mais il est toujours présent, si l'on pense à aller le trouver au fond de nous bien sûr. Il faut prendre le bonheur comme l'air mesuré par un thermomètre: parfois il fait 35 degrés, mais parfois il en fait -5. Cependant le soleil n'a pas disparu pour autant, il est toujours là, à des milliers de milliards de kilomètres, chauffant notre planète pour que l'on puisse vivre. Sa chaleur ne s'épuisera pas, elle est éternelle, seulement parfois des nuages l'empêche de briller de mille feux. Le bonheur est toujours présent, simplement il ne peut pas être au maximum de sa capacité 365 jours par an.

La Baule, un jour de Toussaint.


          Ne percevons pas le bonheur comme un mirage. On a pour habitude de le prendre comme un but, un objectif à atteindre. C'est ridicule. Et vous savez pourquoi? Parce-qu'il est déjà présent. Ce n'est pas un mirage, c'est un véritable oasis que l'on aperçoit au bout de notre nez. Le bonheur, nous le touchons du bout des doigts sans pour autant le sentir, nous le voyons sans le regarder, nous l'entendons sans l'écouter. Nous sommes le propre maître de notre bonheur, au fond on le sait tous mais on préfère blâmer le destin, les autres ou Dieu. Il faut dire que c'est tellement plus facile de laisser l'univers porter le chapeau plutôt que nous-même. Oui je crois au destin, au fait que les grandes lignes sont déjà écrites et que certains événements n'arrivent pas par hasard. Mais cette croyance est à nuancer ; certes nous sommes prédestinées à vivre comme ça, être comme ça, ressembler à ça et ressentir ça, mais ça ne veut pas dire que l'on doit se laisser porter par la vie. Nos actions et nos choix comptent plus que les directives écrites là haut. Un destin ça se change. Ce n'est pas parce-qu'on a préféré prendre la route de campagne et ne pas suivre les indications du GPS que forcément notre voyage est voué à l'échec. Sur cette route, même sinueuse et étroite en apparence, on y rencontrera d'autres obstacles et d'autres personnes que ce qui étaient prévus initialement mais ce ne veut pas dire que notre décision était mauvaise. Il faut vivre, et non pas juste exister. C'est le meilleur moyen d'apprécier la vie et d'être heureux.


"We’re always thinking that someday we’ll be happy; we’ll get that car or that job or that person in our lives that’ll fix everything. But happiness is a mood, and it’s a condition, not a destination. It’s like being tired or hungry, it’s not permanent. It comes and goes, and that’s okay. And I feel like if people thought of it that way, they’d find happiness a lot more often." - Julian Baker, OTH


Un trio, une famille.

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