'Life Is Beautiful' - Aujourd'hui, j'aime la vie.


         La vie est vraiment drôle parfois. Souvent même. Tout le temps. Et surtout si imprévisible. Un jour tout va bien, le lendemain tout va mal. Un jour le monde s'unit et s'aime, le lendemain le monde se divise. Un jour on pleure, le lendemain on rit. Un jour on aime la vie, le lendemain on veut la quitter. 

 
         


          Je parle en jour, mais il en est de même avec les années, les mois, les heures, les minutes, les secondes. Pas besoin d'un laps de temps large pour passer d'une humeur à une autre, d'un souvenir à un autre, d'un événement à un autre ou que sais-je encore. Aujourd'hui je souris, il y a deux semaines je pleurais.

          Vous savez, mes années lycées n'étaient pas les plus belles. J'étais comme un poisson hors de l'eau. Rien de spécial ne s'est produit pourtant, je veux dire par là qu'il n'y a eu aucun drame ni véritable facteur provocant ce ressenti. Je n'arrivais simplement pas à trouver ma place. Je n'arrivais pas à oser, j'étais comme recroquevillée sous une pile d'imperfections. Je n'arrivais pas à être moi-même, pour la simple et bonne raison que je ne savais pas qui j'étais. Je me sentais triste sans motif, je simulais, et à force, je crois bien que je n'arrivais même plus à distinguer les moments où j'étais triste de ceux où j'étais heureuse. J'étais perdue. Et surtout mal, très mal dans ma peau. Je me souviens pleurer. Pas intensément, mais par petite dose. Petite goutte. Le soir. Souvent. Avoir comme des crises soudaines où la seule chose qui me calmait était de me frapper contre un mur. J'étais dépressive, je crois. 
          Mais à l'époque, je ne me rendais pas forcément compte de mon mal être. Cela faisait partie de mon quotidien, je n'y faisais presque plus attention. Comme je n'avais rien connu d'autre, je pensais que c'était normal, que j'allais toujours ressentir ça. Que je ne méritais pas le bonheur, car de toute façon il n'y en avait pas assez pour tout le monde sur cette Terre. J'étais comme bloquée dans cette bulle noire, tout en étant à l'aise et confortable à l'intérieur de celle-ci. J'aimais être déprimée en quelque sorte, car c'était bien plus facile que de se battre et se prendre en main. Je ne connaissais que ça, alors ça me réconfortait, d'une certaine manière. Je pensais que c'était ça ma vie. Etre moche, grosse et inutile. Et alors je me sentais nulle de ne pas apprécier ces années que tant considère comme les meilleures années de leur vie. Pourtant, j'avais un groupe d'amis, j'étais invitée aux soirées, je buvais, j'avais de bons résultats scolaires et je me forçais à participer. J'étais appréciée, dans l'ensemble. Je n'étais pas rejetée. Le matin, j'enfilais un sourire comme j'enfilais un jean. Parfois le sourire s'en allait au cours de la journée (pas mon jean, heureusement!). Mais parfois, la façade demeurait. Je ne savais pas vraiment ce que je ressentais au final, je ne savais pas qui j'étais. J'étais quelqu'un de très silencieux, parfois parce-que je n'osais pas parler, souvent parce-que je n'avais rien à dire. J'écoutais. J'observais. Et je me sentais observée, jugée, moquée. Alors qu'au final, surement que non.

          Silencieuse, calme et discrète, je le suis encore. Trop à mon goût. Mais que voulez-vous, ce trait de caractère semble être encrée en moi. Je m'exprime beaucoup plus qu'avant, mais d'une façon générale, je n'ai pas de conversation, je n'y arrive pas, voilà tout. Je n'y peux rien, j'essaie pourtant, mais ça me conduit à raconter n'importe quoi. Je ne suis pas quelqu'un de bavard. Et entre raconter des conneries ou le silence, sachez que le silence ne me dérange pas le moins du monde. Souvent, je ne m'en rends même pas compte puisque je pars dans les pensées malgré moi, et le silence qui pourrait paraître gênant ne l'est alors que pour l'autre partie à la conversation.
            Bref, je ne sais pas vraiment où je veux en venir avec tout ça, j'ai à la fois des tonnes de mots, de phrases et d'idées à placer mais pas assez de neurones pour pouvoir organiser le tout. Ah oui voilà, je crois avoir retrouvé le fil de ma pensée : je voulais tout simplement souligner le fait que mon caractère et ma personnalité sont les mêmes aujourd'hui qu'ils ne l'étaient trois ans auparavant au lycée. Je suis toujours cette petite fille enrobée à la bouille enfantine, à l'élocution peu claire en public et aux joues rouges au moindre malaise. Je suis toujours cette touffe de bouclettes discrète, introvertie et trop calme pour la vie étudiante. Je suis toujours moi. Seulement maintenant je sais qui c'est, ce "moi". Je sais qui je suis, je me connais, à peu près du moins. J'ai appris à me connaitre, mais surtout, j'ai appris à m'accepter. J'ai appris à porter mes couilles à deux mains (une amie m'a un jour sortie cette expression que j'adore!) et à parler, m'exprimer, m'affirmer. J'ai encore d'énormes progrès à faire, mais quand je regarde d'où je suis partie, je me dis que le plus dur est derrière moi. Je m'accepte plus ou moins comme je suis, je me dis que si je ne m'aime pas, qui le fera? Et surtout que mon corps, ma tête et mon caractère,  je les aurai toute ma vie, alors autant commencer à les apprécier le plus tôt possible.











          J'ai longtemps cru que je n'avais pas le droit au bonheur, que cette supériorité dans les nuages m'avait pointée dès la naissance en disant "Cette petite ne devra pas connaitre le bonheur". Bizarre comme façon de penser, débile même. Aujourd'hui je suis de celle qui pense que le bonheur se mérite, qu'il ne se mesure pas à la profondeur du canapé ni au nombre de zéros sur le compte bancaire, mais à la pronfondeur des relations que l'on tissent et  au nombre de pas que l'on fait, au nombre de personnes que l'on rencontre et au nombre de challenges que l'on se lance
          De la même façon, le bonheur est partout autour de nous.Je me surprends à sourire toute seule parce-que ma playlist qui défile en mode aléatoire joue une de mes chansons préférées. Je me surprends à sourire en apercevant un petit chien adorable vêtu d'un manteau rose. Je souris de plus belle en remarquant que son maître est un jeune à casquette et baggy. Je me surprends à sourire en touchant une peluche douce dans un magasin. Je me surprends à sourire en regardant la couleur du ciel. Je me surprends à sourire en pensant à mes amis. Je me surprends à sourire en entendant la pluie sur mon velux. Je me surprends à sourire en recevant une carte postale. Je me surprends à sourire en lisant une citation qui me correspond. Je me surprends à sourire en pensant à mes projets. Je me surprends à sourire en voyant l'heure affichée 11h11. Je me surprends à sourire en allant me coucher dans des draps propres. Je me surprends à sourire en enfilant des chaussettes en laine. Et le plus important de tout : je me surprends à sourire en pensant à ma vie. Et ça, c'est une chose que j'aurais eu du mal à croire au lycée. Que ma vie pouvait être réellement source de joie, de rire, de bien être et de bonne heure.  Oui, rien est acquis d'avance, tout change. Ma vie ne se résume donc pas à être moche, grosse et inutile. 
          Il y a deux semaines, j'étais anéantie, en pleure suite à ma terrible semaine de partiels et les catastrophes qui s’enchaînaient matière après matière. Anéantie par moi-même qui ne révisait que la veille pour le lendemain. Anéantie par mon incapacité à me concentrer plus de 7 min. Mais également anéantie par les événements qui se sont produits en France. Anéantis par ce que je pouvais lire sur les réseaux sociaux. J'étais totalement déprimée, additionnant les crises de larmes et d'auto-insulte.
           Puis il y a une semaine, j'ai fait un virage émotionnel à 180 degrés, puisque, si vous me suivez sur instagram, vous savez que sept jours auparavant je me trouvais en vacances à Barcelone (prochain post à ce sujet, soon). J'étais en Espagne, au soleil, sous 16°, au bord de la mer, avec deux amies de la fac. J'étais au paradis. Je planais. C'était le bonheur à l'état pur. Chaque jour, chaque minute, chaque seconde était parfaite. A ce moment là je ne pouvais m’empêcher de remercier le ciel de me donner la chance et l'opportunité de voyager, d'étudier, d'avoir des amis, de profiter au maximum de chaque petite étincelle que la vie me propose. J'étais heureuse. 
          Et je le suis toujours. Alors je me dois de faire une boucle et de conclure en répétant ce que je disais plus haut : la vie est vraiment drôle parfois. Souvent même. Tout le temps. Et surtout si imprévisible. Un jour tout va bien, le lendemain tout va mal. Un jour le monde s'unit et s'aime, le lendemain le monde se divise. Un jour on pleure, le lendemain on rit. Un jour on aime la vie, le lendemain on veut la quitter. 
          Aujourd'hui j'aime la vie, et j'avais envie de l'écrire, car je le fais trop souvent lorsque je pense le contraire.


          Je ne sais pas trop pourquoi j'écris ce soir, pourquoi je raconte ma vie et me mets à nu tout à coup, peut-être est-ce pour montrer à certains qui passeraient par là qu'il existe une lumière après la pénombre, que tout le monde y a droit et que ça vaut amplement le coup d'attendre.
Je vous laisse méditer et vous souhaite de passer un excellent week-end glacé !
N'oubliez pas de sourire, même en façade, c'est important. xx